Mardi 31 mars, nous avons eu l’opportunité d’assister à une conférence proposée par l’Université de Montpellier, animée par Julie Dachez, autour de l’autisme et du genre. Docteure en psychologie sociale, conférencière et autrice, elle est également elle-même concernée par l’autisme, diagnostiquée à l’âge adulte. Elle travaille depuis plusieurs années sur les enjeux liés à l’autisme, notamment par la recherche, la vulgarisation et ses ouvrages. Cette intervention s’inscrivait à la fois dans la programmation autour du genre de l’université et dans l’approche de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme du 2 avril. Elle a permis de mettre en lumière les spécificités de l’autisme, notamment au regard des questions de genre, et d’ouvrir des pistes de réflexion importantes.
En outre, une large partie de la conférence a été consacrée aux spécificités des femmes autistes. Julie Dachez explique que celles-ci développent souvent des stratégies de « camouflage » consistant à masquer leurs particularités afin de répondre aux attentes sociales. Elles apprennent à imiter les comportements attendus, à préparer leurs interactions ou à cacher certains gestes d’autorégulation. Si ces stratégies facilitent parfois l’intégration, elles représentent aussi une importante charge mentale et peuvent retarder le diagnostic.


Ce camouflage, associé aux nombreuses situations de rejet, d’incompréhension ou de harcèlement vécues dès l’enfance, contribue à fragiliser la santé mentale. Julie Dachez rappelle que les personnes autistes présentent davantage de troubles anxieux, de dépression et un risque suicidaire plus élevé que la population générale. Les femmes, en particulier lorsqu’elles cumulent plusieurs formes de discrimination, apparaissent comme particulièrement vulnérables.
La chercheuse s’est également arrêtée sur le burn-out autistique, un phénomène encore peu étudié mais de plus en plus reconnu. Contrairement au burn-out professionnel, celui-ci résulte de l’effort permanent nécessaire pour s’adapter à un environnement peu adapté aux besoins des personnes autistes. Fatigue chronique, retrait social, perte temporaire de certaines compétences et hypersensibilité sensorielle figurent parmi les principales manifestations décrites par les personnes concernées.
En fin de conférence, Julie Dachez a évoqué un sujet encore largement méconnu : l’influence des fluctuations hormonales sur les femmes autistes. Syndrome prémenstruel sévère, périménopause ou ménopause pourraient accentuer certaines difficultés, mais les recherches restent encore limitées et les connaissances des professionnels insuffisantes.
À travers cette conférence, Julie Dachez a plaidé pour une meilleure reconnaissance des réalités vécues par les femmes autistes. Au-delà des progrès scientifiques, elle estime que l’évolution des regards constitue un enjeu majeur pour favoriser des diagnostics plus précoces, des accompagnements adaptés et une société plus inclusive.

